Module 7 — Probabilités, indépendance et probabilité conditionnelle
L'apprentissage automatique est, au fond, un raisonnement sous incertitude : un classifieur ne dit pas « c'est un chat » mais « 92 % de chance que ce soit un chat ». Les probabilités sont le langage de cette incertitude. Ce module en pose les bases, orientées vers ce qui sert réellement à comprendre les modèles.
La probabilité : une mesure entre 0 et 1
Une probabilité quantifie la vraisemblance d'un événement, de 0 (impossible) à 1 (certain). Deux lectures coexistent et se rejoignent en pratique :
- Fréquentiste : la proportion observée sur de nombreuses répétitions (une pièce équilibrée tombe sur pile environ 1 fois sur 2).
- Bayésienne : un degré de croyance, révisable à la lumière de nouvelles données — la vision du module 8.
En apprentissage, la sortie d'un modèle de classification est une probabilité, et savoir la lire correctement change tout dans l'interprétation d'une prédiction.
Probabilité conjointe et indépendance
La probabilité conjointe est celle que deux événements se produisent ensemble. Deux événements sont indépendants si l'un n'apporte aucune information sur l'autre ; alors, et alors seulement :
Deux jets de dé successifs sont indépendants : le premier résultat ne dit rien du second. En revanche, « il pleut » et « le sol est mouillé » ne le sont pas du tout. Distinguer les deux cas est crucial : supposer à tort l'indépendance est une source majeure d'erreurs — mais c'est aussi, parfois, une simplification féconde, comme dans le classifieur bayésien « naïf » du module 8.
La probabilité conditionnelle : le cœur de l'inférence
La probabilité conditionnelle se lit « probabilité de A sachant que B est vrai ». C'est la notion la plus importante du module, parce que prédire, c'est exactement calculer une probabilité conditionnelle : .
Un exemple médical rend l'idée concrète. La probabilité qu'un patient soit malade, sachant que son test est positif, n'est pas la même que la probabilité brute d'