Aller au contenu principal

Module 1 — Installer Claude Code et réussir sa première session

Le cours démarre là où beaucoup d'équipes s'arrêtent : la première session. Bien installer, bien authentifier, savoir taper les six commandes qui rendent une session lisible évite trois quarts des erreurs qu'on voit ensuite. Ce module ouvre aussi le fil rouge : le dépôt Kiosque, une application de prise de commandes pour food-trucks à outiller module après module.

Claude Code n'est pas un autocompléteur

Claude Code est un agent de codage qui vit dans votre terminal : il lit votre dépôt, édite des fichiers, exécute des commandes, appelle Git et se corrige à partir des sorties qu'il observe. Il tourne autour d'une boucle agentique — collecter du contexte, agir, vérifier — que le module 2 détaille. Contrairement aux complétions inline, Claude voit votre projet entier, lit plusieurs fichiers dans le même tour, lance vos tests et propose une correction cohérente sur l'ensemble.

La même bibliothèque tourne sur plusieurs surfaces : le CLI, une extension VS Code (et Cursor), un plugin JetBrains, une application Desktop pour macOS et Windows, Claude Code sur le web à claude.ai/code, une intégration Chrome pour piloter un navigateur, et Remote Control pour reprendre une session locale depuis un téléphone. Chaque surface se branche sur le même moteur : votre CLAUDE.md, vos réglages et vos serveurs MCP fonctionnent partout de la même façon.

Installer

Sur macOS, Linux et WSL, l'installation native s'effectue en une ligne :

curl -fsSL https://claude.ai/install.sh | bash

Sur Windows, deux voies :

# PowerShell
irm https://claude.ai/install.ps1 | iex
:: cmd.exe
curl -fsSL https://claude.ai/install.cmd -o install.cmd && install.cmd && del install.cmd

L'installation native se met à jour toute seule en arrière-plan. Sur macOS et Linux, brew install --cask claude-code propose un canal stable et claude-code@latest un canal rapide ; ni l'un ni l'autre ne s'actualise seul, il faut lancer brew upgrade. Sur Windows, winget install Anthropic.ClaudeCode fait l'équivalent. Sur Debian, Fedora, RHEL ou Alpine, les gestionnaires apt, dnf et apk sont pris en charge.

Vérifiez ensuite avec claude --version : la commande imprime un numéro de version suivi de (Claude Code). Sur Windows natif, installer Git for Windows est recommandé, sans quoi Claude Code utilise PowerShell comme shell, ce qui limite la portabilité des scripts. Sous WSL, aucun paquet Windows supplémentaire n'est requis.

Authentification et choix du fournisseur

À la première session, claude ouvre le navigateur pour vous connecter. Trois grandes options coexistent :

  • Abonnement Claude (Pro, Max, Team, Enterprise) : le compte principal des développeurs individuels et des équipes. Le suivi de coût se fait dans le compte claude.ai.
  • Claude Console : facturation à l'usage avec crédits prépayés ; à la première connexion, un espace « Claude Code » est créé pour centraliser les coûts.
  • Fournisseurs cloud d'entreprise : Amazon Bedrock, Google Cloud's Agent Platform, Microsoft Foundry ou un Claude apps gateway auto-hébergé pour brancher votre SSO d'entreprise.

Si la variable ANTHROPIC_API_KEY est déjà positionnée, Claude Code saute l'écran de connexion et vous demande simplement d'approuver la clé. Pour changer de compte plus tard, tapez /login puis /logout dans une session. claude auth status imprime l'état d'authentification en JSON et sort avec 0 si connecté, 1 sinon — pratique dans un script.

Le premier claude dans un dépôt

Placez-vous dans le dossier du projet et lancez la commande sans argument :

cd ~/code/kiosque
claude

La première fois qu'un dossier accueille Claude Code, une boîte de dialogue de confiance vous demande d'autoriser l'exécution. Ce n'est pas une formalité : les hooks et settings du projet ne se déclencheront qu'après ce consentement. Une fois validé, le prompt affiche la version, le modèle courant et le répertoire de travail. Tapez /help pour voir la liste filtrée des commandes disponibles.

Les commandes des premières minutes

Ces dix commandes suffisent à comprendre ce qui se passe dans une nouvelle session ; toutes existent réellement dans le corpus intégré et sont décrites en détail au module 4.

  • /help : liste les commandes et skills accessibles à votre compte. Le menu se filtre à la frappe et surligne la meilleure correspondance depuis Claude Code v2.1.236.
  • /status : ouvre l'onglet Status des réglages ; on y lit la version, le modèle actif, le compte et l'état de connectivité. /status répond même quand Claude est en train de travailler.
  • /doctor : diagnostic complet, avec proposition de correctifs. Il repère les installations en double, les problèmes de PATH, les fichiers de settings illisibles, les skills inutilisées, les serveurs MCP dormants qui coûtent du contexte, et propose de dégraisser un CLAUDE.md trop verbeux en migrant vers des skills et des CLAUDE.md imbriqués (v2.1.206+). Depuis le terminal, claude doctor imprime la même chose en lecture seule.
  • /init : génère un CLAUDE.md de démarrage à partir de l'exploration du dépôt. Avec CLAUDE_CODE_NEW_INIT=1, /init bascule en flux interactif multi-phases qui propose aussi des skills et des hooks.
  • /model : bascule de modèle. Sans argument, il ouvre un sélecteur ; s sur une ligne applique le choix à la session courante seulement.
  • /effort : règle le niveau d'effort de raisonnement (low, medium, high, xhigh, max, ultracode, auto, status).
  • /config : ouvre l'interface Settings. Depuis la v2.1.181, /config clé=valeur écrit directement une clé, par exemple /config theme=dark ou /config model=sonnet.
  • /theme : choisit un thème, y compris auto qui suit le fond du terminal, des variantes daltonisées, ou un thème personnalisé de ~/.claude/themes/.
  • /terminal-setup : installe la bonne combinaison pour saut de ligne (Shift+Enter dans VS Code, Cursor, Alacritty, Zed ; Option+Enter sur Apple Terminal).
  • /release-notes : ouvre un sélecteur de version pour lire le changelog dans le transcript, sans polluer la conversation.

/powerup complète le tableau : des leçons interactives avec démos animées pour découvrir une fonctionnalité par jour, sans entrer dans la conversation.

Modèles disponibles et niveaux d'effort

Le sélecteur /model accepte des alias stables plutôt que des noms de version qui bougent :

  • sonnet pour l'usage quotidien.
  • opus pour le raisonnement complexe.
  • fable pour les tâches très longues qui dépassent une seule séance ; en septembre 2026, fable pointe sur Fable 5.1 par défaut.
  • haiku pour la vitesse sur des tâches simples.
  • opusplan : mode spécial qui utilise Opus pendant le mode plan puis bascule sur Sonnet à l'exécution.
  • best : le meilleur disponible sur votre compte (Fable si accessible, sinon Opus).
  • sonnet[1m] et opus[1m] : mêmes modèles avec une fenêtre de contexte d'un million de jetons, utile sur les gros dépôts.

Les niveaux d'effort disponibles dépendent du modèle. Sur Opus 5, Sonnet 5, Opus 4.8, Opus 4.7, Fable 5.1 et Fable 5, les cinq niveaux low, medium, high, xhigh et max sont acceptés. Sur Opus 4.6 et Sonnet 4.6, xhigh n'existe pas — Claude Code retombe sur high. ultracode n'est pas un niveau d'effort du modèle mais un réglage Claude Code qui envoie xhigh et demande à Claude d'orchestrer un workflow dynamique pour les tâches substantielles.

Choisir sans se torturer

Commencez toutes vos sessions en sonnet avec effort high. Passez à opus uniquement pour un plan complexe, à fable pour une tâche qui dépasse deux heures. Changer de modèle mid-session invalide le cache : le module 2 explique pourquoi.

Ce que coûte une session : /usage

/usage (alias /cost et /stats) ouvre l'écran des coûts. Le bloc Session affiche :

  • le coût total en dollars, calculé localement au tarif public sauf si un modelPricing négocié a été poussé par votre organisation ;
  • la durée cumulée d'appels API et la durée d'horloge ;
  • les lignes ajoutées et retirées ;
  • l'usage par modèle : jetons d'entrée, de sortie, cache read, cache write.

Sur un abonnement Pro, Max, Team ou Enterprise, /usage ajoute une répartition par plan : parts de skills, sous-agents, plugins et serveurs MCP sur 24 heures ou 7 jours (bascule d / w). Le module 15 y revient ; pour l'instant, retenez que ces totaux se réinitialisent à /clear.

Raccourcis clavier qu'on utilise dans toutes les sessions

  • Tab dans l'input : accepte la suggestion d'autocomplétion, notamment après /, @fichier ou :emoji:.
  • Esc : interrompt Claude mid-tour. Les messages en file d'attente partent ensuite ; le travail déjà fait reste.
  • Esc Esc : sur input vide, ouvre le menu de rewind pour restaurer code et conversation à un checkpoint. Sur input non vide, efface le brouillon en le sauvegardant dans l'historique.
  • Shift+Tab : fait défiler les modes de permission (default, acceptEdits, plan, puis bypassPermissions et auto selon disponibilité).
  • Ctrl+C : interrompt une opération. Sur input vide, une seconde pression quitte Claude Code.
  • Ctrl+O : bascule vers le transcript viewer pour voir en détail les appels d'outils, les horodatages, le modèle utilisé sur chaque réponse.
  • Ctrl+R : recherche inversée dans l'historique de commandes.
  • \ puis Enter : saut de ligne portable. Ctrl+J fait la même chose sans configuration. Shift+Enter marche nativement dans iTerm2, WezTerm, Kitty, Ghostty, Warp, Apple Terminal et Windows Terminal ; ailleurs, /terminal-setup s'en occupe.

Le fichier ~/.claude/keybindings.json (ouvert par /keybindings) permet de rebinder la majorité de ces actions.

Fil rouge Kiosque : la première session

Kiosque est une petite application de prise de commandes pour food-trucks : API FastAPI dans app/ (commandes.py, menu.py, paiements.py, notifications.py), tests pytest à 41 % de couverture avec un test instable (test_paiements_delai), un petit front React dans web/, outillage ruff, mypy et un Makefile. L'équipe se compose de Nadia (lead), Karim (back) et Léa (front) ; vous êtes chargé d'outiller tout ce beau monde avec Claude Code.

Première session, dans l'ordre :

git clone git@github.com:kiosque/kiosque.git
cd kiosque
claude

Une fois le dossier approuvé et /help consulté, on demande à Claude de décrire ce qu'il voit :

Explore le dépôt et donne-moi en 15 lignes : structure des dossiers,
comment lancer les tests, ce que fait chaque module de app/, et les
trois points où le code m'a l'air le plus fragile.

Claude appelle Read, Grep et Glob, ouvre Makefile, pyproject.toml, quelques fichiers de app/ et répond. On lance ensuite :

/init

Claude analyse le dépôt et propose un CLAUDE.md. Il détecte le Makefile, propose « Run make test before committing » et devine quelques conventions. On le laisse écrire, puis on lit le fichier généré : il est correct mais un peu bavard, il duplique ce que le code dit déjà (arborescence, dépendances) et rate ce qu'il ne pouvait pas deviner (nommage FR/EN mélangé, .env traîne à la racine, test_paiements_delai est instable). Le module 3 réécrira ce CLAUDE.md proprement.

Enfin, on regarde le coût :

/usage

Le bloc Session indique quelques centaines de milliers de jetons lus (dont l'essentiel en cache après le premier tour) et un coût de quelques centimes. C'est le rythme normal d'une exploration.

Ne surestimez pas /init

/init fait un bon brouillon, jamais un CLAUDE.md de production. Traitez-le comme la sortie d'un stagiaire zélé : indispensable pour démarrer, à retravailler avant de le pousser en équipe. Le module 3 montre comment.

Erreur fréquente : oublier /terminal-setup

Sur beaucoup de terminaux, tenter un saut de ligne avec Enter envoie le message. On tape alors ses prompts en une seule ligne interminable et on finit par croire que Claude Code est mal pensé. Lancez /terminal-setup une fois par machine ; sur iTerm2, elle active en plus l'accès au presse-papiers dont /copy a besoin.

En résumé

  • Claude Code est un agent en terminal, pas un autocompléteur : il voit le projet entier, exécute des commandes et se corrige.
  • Installer : script natif (macOS/Linux/WSL/Windows), Homebrew, WinGet ou paquets Linux ; l'installation native est la seule qui se met à jour toute seule.
  • Authentifier : abonnement Claude, Console API, ou fournisseur cloud d'entreprise ; claude auth status répond en JSON.
  • Cinq commandes du démarrage : /help, /status, /doctor, /init, /usage ; retenir aussi /model, /effort et /config.
  • Cinq raccourcis à connaître : Tab, Esc, Esc Esc, Shift+Tab, Ctrl+O.
  • Le CLAUDE.md de /init est un brouillon : le module 3 le réécrit pour Kiosque.

Module suivant : La boucle agentique, les outils intégrés et la fenêtre de contexte — comprendre ce qui remplit le contexte pour arrêter de payer deux fois le même prompt.